Depuis longtemps, la nature est pour moi une source d’apaisement et a toujours occupé une grande place dans ma vie. C’est sur le terrain de ma résidence à Stoneham que j’ai commencé il y a une vingtaine d’années à jouer avec les pierres qui s’y trouvaient, en érigeant plusieurs inukshuks qui mesuraient entre 1,20 et 1,60 mètre, puis j’en ai fait de toutes dimensions.

Ce qui n’était au début qu’un passe-temps, s’est transformé peu à peu, suite à l’intérêt des gens autour de moi. C’est à travers ces inukshuks et assemblages que j’ai commencé à être sélectionné pour des expositions de groupe, mais aussi par plusieurs boutiques et que j’ai obtenu des commandes privées. Après plusieurs années au contact de la pierre, j’ai eu envie de créer des pièces plus artistiques pour exprimer pleinement ma créativité. À mon avis, l’art est diversifié et se trouve partout autour de nous.

Le long des berges du majestueux fleuve St-Laurent, du printemps à l’automne, de l’Île d’Orléans jusqu’en Gaspésie, je cherche patiemment les éléments avec lesquels je crée différentes pièces. Le temps, la chaleur et le froid, le mouvement des marées des milliers de fois répétés, tel des outils d’artisans invisibles ont travaillés les pierres et les bois de grève.

Quand dans mon atelier je prends un de ces bois de grève, je n’ai qu’une vague image de ce qu’il deviendra. Je révèle par mon travail ce qui ne se voyait pas. Je libère la beauté d’une matière brute que le hasard a échoué sur le rivage. J’utilise ces différents éléments selon leur texture, leur teinte et leur forme, en jouant avec l’équilibre et la perspective, en les sculptant pour en faire des objets uniques.